JE CHANGE DE BLOG.
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Et d'abord en défendant la nature, l'homme défend l'homme : il satisfait à l'instinct de conservation de l'espèce. Les innombrables agressions dont il se rend coupable envers le milieu naturel (envers " l'environnement ", comme on prend coutume de dire) ne vont pas sans avoir des conséquences funestes pour sa santé et pour l'intégrité de son patrimoine héréditaire. Rappellerons-nous que, du fait de la pollution radioactive causée par les explosions des bombes nucléaires, tous les habitants de la planète, surtout les plus jeunes, portent dans leur squelette des atomes de métal radioactif ? Que, du fait de l'emploi abusif des insecticides, le lait de toutes les mères contient une certaine dose du pernicieux D.D.T ? Protéger la nature, c'est donc en premier lieu, accomplir une tâche d'hygiène planétaire.
Il y a, en outre le point de vue des biologistes qui, soucieux de la nature pour elle-même, n'admettent pas que tant d'espèces vivantes (irremplaçables objets d'étude) s'effacent de la faune et de la flore terrestres, et qu'ainsi peu à peu, s'appauvrissent par la faute de l'homme, le somptueux et fascinant musée que la planète offrait à nos curiosités.
Enfin il y a ceux-là - et ce sont les artistes, les poètes, et donc un peu tout le monde - qui, simples amoureux de la nature, entendent la conserver parce qu'ils y voient un décor vivant et vivifiant, un lien maintenu avec la plénitude originelle, un refuge de paix et de vérité, parce que, dans un monde envahi par la pierraille et la ferraille, ils prennent le parti de l'arbre contre le béton, et ne se résignent pas à voir les printemps devenir silencieux...
Jean Rostand.